samedi 22 juillet 2017

vendredi 21 juillet 2017

DANS LE METRO CE MATIN.


Contribution à l'atelier Personnages (2) de Tiers Livre- François Bon





1.
Tellement ce tram est à lui, va me falloir changer de place plutôt que d’entendre comment elle a de trop belles jambes comment il est sûr qu’elle sera à lui demain tellement qu’elle kiffe trop ses tatouages, qu’elle bosse en parfumerie tellement qu’elle sent trop bon la vanille ou jchèpakwa, va falloir que son arrêt soit bientôt là tellement ses baskets swinguent d’excitation et son portable suinte de testostérone tellement c’est gonflant, tellement il est gonflé à mort quand il pense à elle mec, va me falloir changer de place.



2.
Encore un bout de papier à déplier, étaler, repasser du plat de la main sur le genou, puis replier, ranger dans le sac plastique bleu, regarder depuis ses lunettes à verre unique les autres voyageurs, tousser grassement, sortir un nouveau papier à déplier, étaler, repasser sur le même genou, replier, ranger, tousser, regarder, s’absenter dans sa vieillesse en haillons.



3.
Gueule de tueur d’un polar français des années 80, penché de toute sa maigreur sur le couloir central, peau teintée de tâches jaunes chamois, regard ombré par la casquette Mao, tapote un vieux gsm raccommodé trop longuement que pour faire un numéro plausible, se lève d’un coup anguleux qui lui fait toucher le plafond, agrippe de toutes ses phalanges baguées une barre, s’exfiltre du tram dès son arrêt avec on dirait l’intention de dézinguer son prochain.

http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4416

QQ11 : la face.

21/07/2017





de

quelle

couleur

d'oubli

repeindrons-nous

les

quelques 

humiliations 

que

nous nous

sommes

envoyées

à

la

face

?



jeudi 20 juillet 2017

Carnets d'un temps inconnu / 20-07-2017

Ca échappe.
Ce que l'autre vit échappe.
Un processus de soins est mis en place. On ne peut pas le vivre à la place de l'autre. Ni avec l'autre. On le vit après par questions interposées. On a beau être l'accompagnant de nombreux rendez-vous, à un moment donné, on reste devant la porte du service, de la salle avec la grosse machine. On n'assiste pas aux massages proposés pour relaxer, on n'entend rien de ce qui se dit entre infirmières et patiente. On a été présent comme on a pu, maintenant que le traitement est quotidien et répétitif durant quelques semaines, on n'a plus qu'à offrir son sourire et son écoute au retour, souvent le soir en se retrouvant.

Une connaissance m'a parlé du rôle de celui qui accompagne, ce qu'il vit, ressent. De qui s'en soucie. Personne. Impression que personne.
Le paradoxe ici est d'être l'accompagnant de chacun, si ce n'est que subitement le sort fait de l'un l'accompagnant à temps (presque) plein et de l'autre le patient à temps (presque) complet.




Un matin, celui qui est accompagnant temps (presque) plein doit lui-même se rendre à un rendez-vous important qui concerne sa situation. Le patient à temps (presque) complet ne peut l'accompagner étant lui-même dans ses soins quotidiens. Les heures de convocation sont quasi identiques, les lieux divergent. Chacun son coté de la ville. Chacun son côté de la vie.



QQ10 : quelque chose.

20/07/2017





en

y

regardant

bien

en

creusant

plus

profond

quelque chose

manque

mais

quoi

?




mercredi 19 juillet 2017

mardi 18 juillet 2017

QQ8 : le tour.

18/07/2017






à

qui

le tour

de

passe passe

ton chemin

de

croix de bois

croix de fer

nous

irons

en

enfer

et

damnation

?